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A l'ASN direction nationale

aux ASN directions régionales

de Nouvelle Aquitaine, Pays de la Loire, Centre Val de Loire

Objet : Les affaires liées à la propagation du tritium autour des CNPE.

Les 310 Bq/l de tritium mesurés à Saumur dans la Loire relancent les problèmes liés à la propagation générique et inévitable de ce radionucléide dans l'environnement de notre planète, partout où se trouvent des réacteurs nucléaires, civils, militaires, ou expérimentaux.

Avant la mesure réalisée par l'ACRO à Saumur en janvier 2019, la CRIIRAD avait déjà lancé des alertes sur la propagation incontrôlée de tritium et des procès ont déjà eu lieu.


Affaire des 540 Bq/l de tritium à Civaux en 2012

et ses prolongements juridiques.

Une double fuite de liquide primaire s'était produite dans les réservoirs de stockage et leur bassine de rétention du CNPE Civaux en janvier 2012 : fuite sur un réservoir et fuite au puisard de récupération de la bassine. Résultat :540 Bq/l de tritium trouvés dans un piézomètre à proximité de cette bassine. Seul le tritium avait été identifié dans les eaux souterraines, les autres composants du liquide primaire avaient disparu entre le puisard et la nappe souterraine.

Consécutivement à cet incident, classé 1 INES, et à la lettre de suite rédigée par Mme Rigail (Directrice de l'ASN Bordeaux à l'époque), des associations ont porté plaintes pour pollution, déclarations tardives et négligences. Le jugement est toujours attendu 7 ans après les faits.

Or, dans ses réquisitions, le procureur du TGI de Poitiers, vient d'informer les parties plaignantes que le directeur du CNPE en 2012 (M. Jean-Paul Joly), et le directeur des affaires juridiques d'EDF( M. Jean-François Bernard), affirmaient qu'il n'y avait pas eu de fuite dans l'environnement, que tout l'écoulement avait été contenu dans la bassine et qu'ils contestaient l'incrimination de « stockage de liquide radioactif inopérant ».

Ces affirmations conjointes constituent de faux témoignages qui contredisent à la fois le classement 1 INES et le rapport (lettre de suite) fait par l'ASN de Bordeaux sur cet incident.

Comment dans ces conditions accorder la moindre confiance aux déclarations d'EDF ?

Demande n° 1 : Nous demandons à l'ASN de confirmer au TGI de Poitiers la réalité des faits : fuite de tritium dans les eaux souterraines du site de Civaux en janvier 2012, pour contredire les allégations inexactes d'EDF.

Affaire des 310 Bq/l de Saumur

Une concentration en tritium tout à fait anormale a été observée par l'ACRO à Saumur, dans la Loire en janvier 2019. Après enquête auprès d'EDF, l'IRSN, qui ne conteste pas la réalité de cette mesure, ne peut pas expliquer l'origine ni la cause de cette pollution inattendue. Pollution qui tout en étant inférieure aux « normes » sanitaires en vigueur n'en demeure pas moins non réglementaire vis à vis des autorisations de rejets accordées à EDF qui sont limités à 280 Bq/l en sortie de rejets. Saumur étant située à 20 Km de la centrale la plus proche, on peut penser qu'au rejet la concentration en tritium était beaucoup plus forte.

Aucune des 5 CNPE du bassin de la Loire n'a déclaré de rejets exceptionnels ou accidentels.

Les déclarations de messieurs Bernard et Joly au TGI de Poitiers évoquées au paragraphe ci-dessus, permettent de douter de la sincérité des déclarations d'EDF.

Demande n°2 : Nous demandons que l'enquête technique menée par l'IRSN soit poursuivie pour déterminer et communiquer le lieu et les causes de cette observation hors normes de tritium dans la Loire.

Par ailleurs, la mesure effectuée par l' ACRO était totalement aléatoire et ponctuelle. Par contre les mesures de l'IRSN sont plutôt continues (sur une semaine) tout en donnant une valeur moyenne de la pollution car les eaux des prélèvements sont mélangées. Cette méthode d'analyse de l'IRSN ne permet pas d'observer un pic de pollution, ce qui présente une lacune regrettable.

Demande n°3 : Nous demandons que l'ASN intervienne auprès d'EDF et des ministères pour que le secret sur les lâchers de rejets des CNPE soit levé. Les dates, les quantités, les concentrations devraient être publiées au titre de la transparence avant les rejets.

Cette affaire de Saumur démontre que la surveillance de la pollution des cours d'eau est défaillante.

Les prélèvements de l'IRSN ne sont pas assez fréquents et la méthode ne permet pas d'observer des pics de pollution.

Demande n°4 : Nous demandons que les prélèvements faits par l'IRSN soient plus fréquents, qu'ils permettent l'observation des pics, et qu'ils soient synchronisés avec les lâchers de rejets (cf demande n°3).

Affaire du tritium présent dans les EOS de Belleville.

Dans sa lettre de suite, « DIVISION D'ORLÉANS CODEP-OLS-2019-010533 » , l'ASN relate une propagation de tritium anormale dans le collecteur d'eau de pluie qui se déverse dans la Loire. Cette pollution a eu lieu fin janvier 2019, à la même période où le prélèvement a été effectué à Saumur.

Demande n°5 : Ce lâcher involontaire de tritium à Belleville pourrait-il être à l'origine des 310 Bq/l de Saumur ?

Affaire du tritium présent dans les double-peaux de certains puisards des CNPE.

nstallations. Ces puisards étant en bon état, sans fuites, EDF considère que cette eau tritiée apparaît suite à des phénomènes de condensation.

Mais l'humidité génératrice de cette condensation ne peut venir que du sous-sol, entraînant avec elle le tritium !

Ce phénomène tend à démontrer que le sous-sol des bâtiments est pollué par du tritium.

Voilà,maintenant des années qu'EDF a déclaré à la CLI de Civaux que des analyses étaient en cours pour rechercher la cause du phénomène, mais ne donne jamais le résultat de ces recherches pourtant génériques bien au delà du parc français, comme l'indiquent les mesures effectuées sur des sites nucléaires aux USA.

Demande n°6 : Nous demandons que l'ASN mette EDF en demeure de rendre public le résultat des analyses concernant ce mystère du tritium présent dans les double-peaux des puisards des centrales nucléaires.


Dossier PNGMDR

Le dossier de gestion des déchets nucléaires est actuellement en débat avec la CNDP. Il faut considérer que les fuites et rejets de tritium contrôlés ou pas constituent des déchets relâchés dans l'environnement. De plus le tritium est le « traceur » d'autres radionucléides qui peuvent l'accompagner. l'ASN a répertorié 75 radionucléides capables de se former au cours de la fission dans le cœur des réacteurs nucléaires.

Demande n°7 : Nous demandons que l'ASN rende public le bilan complet des rejets annuels de tous les radionucléides produits par les installations nucléaires en France, celles d'EDF, du CEA, de l'ANDRA, d'ORANO.

Demande n°8 : Nous demandons que ce bilan soit communiqué et intégré au PNGMDR de manière à ce que les effluents soient également considérés comme des déchets lâchés dans l'environnement, ce qui n'est pas une gestion écologiquement acceptable.

Synthèse

Les dossiers brièvement évoqués ci-dessus montrent bien à quel point le tritium n'est pas maîtrisable. Il prend naissance dans les cuves des réacteurs, à l'intérieur des barres de combustible d'uranium ainsi que dans le fluide primaire boré, puis on le retrouve dans des endroits inattendus, sans savoir vraiment par où il passe car il franchit facilement les trois fameuses barrières de confinement. Les rejets en tritium semblent bien ne pas être bien contrôlés par les exploitants de réacteurs nucléaires : son confinement parfait est impossible. C'est pourquoi l'ASN doit s'attacher à observer sa propagation et à communiquer pour rompre l'omerta qu' EDF entretient sur ce dossier sensible.

Il est généralement admis que la transparence est une composante essentielle de la sûreté. En matière de fuites de tritium, la transparence laisse à désirer ce qui implique que la sûreté en pâtit.

En fait, les fuites de tritium ne cesseront vraiment qu' avec l'arrêt des réacteurs nucléaires.

Avec le plutonium, il partage les problèmes majeurs des déchets nucléaires, sans oublier tous les nombreux autres radionucléides issus de la fission nucléaire (75 répertoriés par ASN). La «gestion » de ces déchets qui consiste à les diluer pour les répandre dans l'environnement doit être remise en cause. 

Les associations membres du collectif SDN Loire et Vienne.

Correspondants :

Catherine Fumé, 28 Les Loups, 45 420 Bonny-sur-Loire

Bernard Petiteau, 31 rue de la Barre 49 000 Angers.

Jacques Terracher, 18 route de Thurageau, 86110 Mirebeau.

Charlie
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