L'autre Information A outra Informação
Accueil Portail | Reportage TV | Editorial | Reportage PhotoPress | Locales | News Culture | Rédaction
Libre D'expression
© Crédits photo A Dias
Le président de la République entend « faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe » et « y relocaliser de la valeur ajoutée ». Avec des primes à l’achat pour les particuliers et des subventions pour toute la filière, le grand plan d’avenir de 8 milliards d’euros de fonds publics pour l’automobile prétend incarner le monde d’après mais ressemble étrangement au monde d’avant. Et derrière le choix d’axer ce plan sur la numérisation, la robotisation, l’intelligence artificielle, ce sont encore une fois les gains de productivité des entreprises qui sont recherchés au détriment des emplois, de la vitalité des territoires et de la préservation des ressources naturelles.
Aux yeux des écologistes, l’orientation « tout électrique » consistant à miser sur la production relocalisée de voitures dites « propres », s’apparente à une illusion :
• parce qu’il n’existe pas de véhicule 100 % écologique et qu’au-delà de la pollution liée à sa chaîne de production, la voiture électrique ne suffira pas à réduire l’empreinte carbone du trafic automobile ;
• parce qu’il faudrait augmenter la production d’électricité nationale d’au moins 25 % pour alimenter un parc électrifié de voitures, alors qu’une grande part des investissements futurs va consister à augmenter la durée de vie des centrales nucléaires existantes pour simplement maintenir leur niveau de production actuel ;
• parce que rien ne garantit que les constructeurs relocaliseront les chaînes d’assemblage en France (l’annonce d’un plan d’économies du groupe Renault de 2 milliards d’euros sur trois ans, accompagné d’une suppression de 4 600 emplois en France, témoigne d’un avenir pas si radieux).
Aucune solution technologique miraculeuse ne mettra un terme ni à la pollution des véhicules thermiques, ni aux embouteillages en heures de pointe, ni au modèle du « tout voiture » qui dévitalise nos villes et nos campagnes. Diminuer le nombre de voitures sur les routes suppose de réaménager nos territoires afin de mettre l’accent sur la proximité et d’y développer de nouvelles solutions de mobilités alternatives, afin d’être collectivement moins « accro » à la voiture et plus particulièrement à son usage individuel.
Alors, quel avenir pour la filière automobile qui dans notre région Centre-Val de Loire représente 400 établissements et 30 000 salariés ? Il faut regarder la situation avec réalisme et responsabilité. L’avenir de ce secteur ne se situe certainement pas dans une fuite en avant technologique, mais plutôt dans la sobriété : il est préférable de tendre vers des véhicules plus légers, moins consommateurs, en misant sur l’amélioration du rendement des moteurs, des pneumatiques, de l’aérodynamisme et sur la diminution de la puissance et de l’électronique embarquée.
La crise du Covid-19 a montré la capacité d’adaptation et la plasticité des systèmes de production. Le groupe écologiste au Conseil régional propose de conditionner les aides publiques à la mise en place d’un contrat régional de transformation et de conversion de la filière, en concertation avec les sous-traitants du territoire régional, les salariés, les constructeurs et l’Etat, qui reposerait sur :
• l’obligation de produire des véhicules plus sobres en énergie, moins polluants, de recourir à des produits éco-conçus, respectueux des exigences écologiques et environnementales sur l’ensemble de la chaine de production,

• la diversification des motorisations afin d’augmenter l’autonomie des territoires et de diminuer leur dépendance au pétrole :
-Gaz Naturel Véhicule (GNV) : l’injection de biométhane dans le réseau de gaz permet désormais d’utiliser cette ressource avec une technologie de motorisation peu complexe et mature,
-Hydrogène : le vecteur hydrogène doit permettre, via des électrolyseurs, de stocker localement l’électricité renouvelable. Le développement de véhicules moins coûteux, sécurisés et plus légers est nécessaire pour des flottes captives ou les transports collectifs ;
• l’évolution vers d’autres types d’activités valorisant les savoir-faire et les équipements, et donc d’autres clients que les fabricants d’automobile ;

• un accompagnement conséquent des salariés qui perdraient leur emploi ou qui souhaiteraient se reconvertir.
A l’initiative de Charles Fournier, vice-président écologiste délégué à la transition écologique et citoyenne, la Région va réaliser un schéma d’avitaillement qui permettra de donner une orientation équilibrée et cohérente, sur l’ensemble du territoire, pour l’installation de bornes de recharge et de stations de remplissage alternatives aux carburants conventionnels.
Alors que la « relocalisation » est un mot à la mode, nous considérons que les activités à relocaliser doivent avoir une utilité écologique et sociale et s’inscrire en cohérence avec les réponses apportées aux défis climatique, environnemental et social. Tournons-nous vers l’écologie industrielle et territoriale, vers les emplois de qualité et non délocalisables !
Les élus du groupe écologiste au Conseil régional Centre-Val de Loire
AUTRES TITRES L'EST ICI
Retour en haut de page / Voltar ao Topo
Charlie
EDITORIAL
Photo Press ICI
© Crédits photo A Dias
« Não sou ninguém, sou somente a Liberdade / « je ne suis personne, je ne suis que celui qui porte la plume et qu'écrit sur la liberté » © A. Dias
Le Département se trompe de priorité
La commission permanente du conseil départemental réunie ce vendredi a entériné un plan d'aide d'un million et demi d'euros en faveur d'entreprises privées du Loiret du commerce ou de l'artisanat. Cette participation à la relance économique vient après deux autres initiatives similaires dans le domaine de l'agriculture et du tourisme. Elle s'inscrit dans un contexte où beaucoup de ces entreprises sont effectivement en difficulté en raison des contraintes sanitaires qui ont pesé sur notre pays et qui menacent encore. Fallait-il pour autant que le conseil départemental intervienne ?

Depuis longtemps déjà, la décentralisation s'est faite en France sur la base d'une répartition des rôles confiés aux différentes collectivités territoriales. Le Département est ainsi devenu le chef de file des politiques de cohésion sociale tout en gardant des compétences variées dans d'autres domaines. Depuis 2015, la loi a définitivement exclu l'économie du champ d'action des conseils départementaux. C'est pour contourner cette loi que le plan d'aide adopté ce matin consistera à verser la somme à des intercommunalités de façon à doubler leurs propre plan d'aide. Mais, au final, c'est tout de même une part significative du budget départemental qui est réorientée ainsi alors que l'État, les Régions et les communes apportent déjà, et c'est normal, beaucoup d'aides aux entreprises.

Il sera sans doute facile de se réjouir de la capacité qu'a le Département de soutenir ses entrepreneurs. Il y a pour cela des lobbys qui ne manqueront pas de dire que ces aides sont indispensables et qu'elles seront bien accueillies. Mais ces compliments ont un coût. Et les recettes de la collectivité non seulement ne sont pas extensibles mais elles pourraient bien se rétrécir considérablement avec la récession. C'est donc que l'argent va manquer pour d'autres actions qui, elles, incombent prioritairement au Département : autonomie des personnes âgées, insertion de bénéficiaire du RSA, protection de l'enfance, inclusion des personnes handicapées, logement, ... les secteurs dans le besoin ne manquent pas.

Malheureusement, presque personne ne semble prêt à défendre les « invisibles » qui devraient être la principale préoccupation de l'assemblée départementale. En accordant son aide aux entreprises à l'unanimité moins une voix, le Département vient implicitement de refuser cette somme aux plus fragiles de ses administrés.

Thierry Soler
NEWS CULTURA
©AgoraPress Reportage Audio
A LA UNE Communiqués
Accueil Photo Press
Editorial AgoraPress TV
France Monde Culture
Locales Rédaction
PortugalNews  
AGORAPress TV
Directeur de la publication /Rédacteur en chef A Dias
Collaborateurs : F Martins, A M, Pink, Fernando Magalhaes
Cameraman : Vidéo photo A. Dias
© Copyright 2005/2020 agorapress All rights reserveds
Association de journalistes de presse indépendante multimédia 2005/2020 ®© AgoraPress a outra informação